L'habitat autonome des personnes en situation de handicap au coeur du débat public.

La FAH s’interroge sur le fait que la vie autonome des personnes en situation de handicap s’annonce peut-être comme une nouvelle question sociale : de fait, on observe aujourd’hui un foisonnement de situations de handicap dont les personnes qui les vivent souhaitent acquérir ou conserver des possibilités d’autonomie. Que ces « nouvelles » situations soient la conséquence des aspirations de jeunes adultes désirant dé-cohabiter du logement familial ou de l’établissement médico-social qui les accueille ; des progrès continus de la médecine et des pratiques de rééducation fonctionnelle qui créent les conditions d’une vie possible, là où il y a peu encore, l’accident conduisait à une mort certaine ; ou de la multiplication des pathologies dégénératives et évolutives.

Un logement indépendant peut constituer, à certaines conditions, un cadre structurant à cette recherche d’autonomie.

Pour répondre à l’évolution des aspirations des personnes en situation de handicap dont nombre souhaitent vivre « chez elles » incluses dans la Cité, de nouvelles solutions d’habitats ont été développées au cours des dernières années, le plus souvent à l’initiative d’acteurs locaux -particuliers, élus, associations- confrontés à l’obligation d’innover pour répondre aux besoins formulés ou évalués.

La création de logements imaginés par et/ou pour des personnes en situation de handicap dépendantes ayant des besoins de compensation importants afin de leur permettre de vivre un quotidien « le plus ordinaire possible » en sécurité nécessite toujours la mobilisation d’hommes et de femmes opiniâtres résolument déterminés à surmonter tous les obstacles.

Droit de l’urbanisme, de la compensation, du logement, de la construction, de l’action sociale ou de la protection des personnes…rien ne s’oppose à la création de nouvelles formes d’habitat. Mais très peu existe pour encourager, faciliter et accompagner le développement de ces nouveaux modèles.

Face à cette situation où l’émergence de nouvelles aspirations et de nouveaux besoins est un fait désormais incontournable, face à la multiplication des expérimentations qui ont permis d’ouvrir un vaste champ des possibles en matière de logements inclusifs et, au moment où l’on déplore que trop d’initiatives n’aboutissent qu’à force de patience et de déploiement d’énergies démesurées, le moment est venu de faire de la question de l’habitat autonome une priorité de l’action des pouvoir publics.

L’habitat autonome ne doit plus être considéré comme un régime d’exception mais comme un choix possible et facile parmi une palette d’offre de lieux de vie pour les personnes en situation de handicap. 

L’habitat autonome ne doit plus être considéré sous le seul prisme de l’action sanitaire et sociale mais doit se trouver dans le droit commun de l’accès au logement.

L’habitat autonome ne doit plus être abordé sous l’angle de l’expérimentation ni sous celui d’une modélisation qui reproduirait partout les mêmes projets. Il doit être l’aboutissement de volontés partagées de vivre en un lieu choisi selon des modalités adaptées aux habitants et au contexte local.

L’habitat autonome ne doit plus être la conquête de téméraires ou d’utopistes, il doit être accessible à tous ceux qui font simplement le pari d’une vie ordinaire parmi les autres.


Parce qu’il est encore nécessaire à ce stade d’expliquer et de convaincre les acteurs publics, les entrepreneurs, les gestionnaires, les soignants, les familles que l’habitat autonome des personnes en situation de handicap dépendantes est souhaité, possible et nécessaire à la société, la Fabrik Autonomie & Habitat agit pour accompagner et amplifier ce mouvement.